Goguette du 21 février 2005


 

Le tableau de la semaine (par le peintre Rome)




Manifestation des lycéens 

 


 

LES EREMISTES

Texte d'Odette Estorgues, Ceyrat le 19 / 02 / 2005 (texte dédié à mon fils Vania, chômeur depuis 4 ans et inspiré de la magnifique chanson de l’inoubliable Léo FERRE : Les Anarchistes )

 

Y en a plus qu’on ne croit, de ces gens tell’ment tristes

Vivant tant bien que mal, d’allocation de rien,

Et qu’on pousse du pied sur le bord du chemin 

Les érémistes.

 

Ils ont tant envoyé

D’curriculum vitae,

Tant fait la queue dehors

Qu’il vente ou pleuve fort,

Qu’ils en ont tous assez

D’êtr’ sans cesse humiliés

Aujourd’hui, rongent leur frein,

Que feront-ils demain ?

 

Y en a plus qu’on ne croit, de ces gens tell’ment tristes

Dont le cœur ne bat plus que pour faire semblant

D’être encore debout, un tout p’tit peu vivant 

Les érémistes.

 

Ils ont aimé pourtant,

Ont essayé souvent

De croire un’ nouvelle fois

Que d’vivre ils ont le droit 

Mais toujours si déçus

Qu’à force n’en peuvent plus.

La rage gronde en leur cœur

Un jour, f’ront un malheur.

 

Y en a plus qu’on ne croit, de ces gens tell’ment tristes

Faudrait nous secouer et tous ensemble crier

C’est honteux, inhumain de marginaliser

Les érémistes.

 

On les dit tous chômeurs

Par choix, d’gaîté de cœur.

Mettez-vous à leur place

Et consultez la glace

Vous y verrez la peur,

La figure du malheur

S’installer à leur aise

Lorsque la vie vous baise.

 

Y en a plus qu’on ne croit, de ces gens tell’ment tristes

Quand j’quitte mon chez moi et tout son p’tit confort,

J’ai honte d’la société qui change en presque morts 

Les érémistes.

 

Allons tous dans la rue

Sans crainte d’être vus

Et fort crions bien haut

Ces slogans pleins de mots

De solidarité

Et de fraternité

Pour que tout l’monde puisse

Vivre dans la justice.

 

Y en a plus qu’on ne croit, de ces gens tell’ment tristes

Et nous applaudirons lorsque vont s’redresser

Les exclus de la vie : ces êtres mal aimés.

Est-ce utopiste ?

(Ou optimiste ?)


J’AI LA MÉMOIRE QUI FLANCHE

Texte de Jane

Sur l’air de « j’ai la mémoire qui flanche »

 

J’ai la mémoire qui flanche

J’me souviens plus très bien

Ou j’ai pu mettre mes kleenex

Dans ce foutu Duplex

Pourtant c’est sûr, ils étaient là

P’têt dans l’appart’ d’en bas

Ah oui mais où, je reste perplex

J’vais d’mander à Clara

 

J’ai la mémoire qui flanche

J’me souviens plus très bien

Dis t’aurais pas vu mes tire-jus

P’têt’ à l’étage du d’ssus !

Mais la gouvernante mon pauvre chou

L’a d’jà mis sans d’ssus d’ssous

Qu’est-ce que tu veux mon cher Hervé

Moi tous ces mètres carrés !

 

J’ai la mémoire qui flanche

J’me souviens plus très bien

C’que j’ai pu faire de mes mouchoirs

P’têt’ perdus dans l’boudoir 

Oh les moufflets, réveillez vous

Et cherchez bien partout

Dans les livings dans les dressings

Et au fond d’la piscine

 

J’ai la mémoire qui flanche

J’me souviens plus très bien

Si j’les trouve pas très rapidement

J’s’rai en r’tard au gouvernement

Or les p’tits gars faut que j’y sois

Car la dépense publique

Ah croyez moi, si j’n’y suis pas

Qui la désintoxique ?

 

J’ai la mémoire qui flanche

J’me souviens plus très bien

Ah l’bon vieux temps j’avais vingt piges

Pas d’immeuble de prestige

Un p’tit F1, pas tant d’espace

Mais chaque chose à sa place

Adieu cuistots femmes de ménage

C’est dit je déménage !

 


 

AVEC LA FRATERNITE 

Texte de Danièle

Sur l’air de « Chanson pour l'auvergnat »

 
Pour tous les gens que l'on bafoue
Pour les gamins en solitude
Pour Dame Nature qui fait la moue
Pour stopper la fin des marrubes
Pour les vieillards morts au mois d'août
Pour toi qui vis dans l'inquiétude
Pour les coeurs secs, les aigres-doux
Pour en finir avec les tubes
Pour les poètes qu'on désavoue
Pour ceux sans espoir, sang exsude
Pour les oubliés chez les fous
Pour les étrangers morts sans pub
 
Moi, je vous tire mon chapeau
Vous étes des hommes libres et beaux
Et avec la fraternité
On fera crier
 
Pour vaincre tous les grippe-sous
Pour les âmes sans certitude
Pour celui qui reste debout
Pour cette affaire qui incube
Pour l'ouvrier qui plie genou
Pour le chanteur en finitude
Pour les écoliers qui échouent
Pour ceux qui ne verront pas Ube
Pour certains paumés dans la boue
Pour le mendiant en lassitude
Pour tous les clowns coupe-choux
Pour la pauvre fille qui succube
 
Moi, je vous dis à tous bravo
Merci pour l'amour en kilos
Et avec la fraternité
On saura créer
 
Pour les handicapés joujoux
Pour l'Utopie en plénitude
Pour le noir, le rouge, sans tabous
Pour les chômeurs que l'on entube
Pour l'enfant qui vénère Zizou
Pour la foule mêlée, gratitude
Pour les angoisses au matin doux
Pour l'humanité qui titube
Pour la colombe qu'on encloue
Pour notre soleil inquiétude
Pour donner du bonheur partout
Pour mon ami, mon ami Jube
 
Moi, je rêve d'une aut'société
Je crois en l'homme, en sa bonté
Et avec la fraternité
On peut exister

 


LA VIE DEGUEU

Texte d’Alain

Sur l’air des "Copains d’abord" de G. Brassens

 

Cité des Sciences ça sent l’mollard

A la Villette on tranche le lard

Où y a d’l’hygienne y a pas d’plaisir

Y a qu’du traczir

On va se la péter cradingue

La vie ça pue la carne schlingue

Vive enfin les gros dégueulasses

L’écho des gueules lasses

 

On étale à l’expo crado

De la merde pour les ados

Ils sont tous au fion comm’ des porcs

Au fion comm’ des porcs

Ils rôtent ils chient ils mouchent ils crachent

Ils kiffent à donf les salles de trash

A la Villette les cradologues

La jouent pédagogues

 

Si tu repousses du goulot

Que tu as paumé le goût d’l’eau

Vise au moins ce qu’elle a ta gueule

Lorsque tu dégueules

Le tréponème des ratiches

Niqu’les chicots des sans artiche

Alors peau de balle pour la bringue

Quand on est cradingue

 

Les bactéries et les mycoses

Cett’ flore amie qui sent la rose

Exaltent ta nature intime

On te sous-estime

Dans les tatanes tes nougats couincent

Ca fume comme le shit aux cagouinces

Mais dans ta cagna t’es peinard

Tu prends ton panard

 

Les poils du derch l’amazone

Le parapet d’la couche d’ozone

Si t’es dans l’vent mets donc les gaz

Sur un air de jazz

Il suffit lorsque tu flatule

Qu’avec le sifflard tu modules

Pour être saxopétomane

Comme Ornet Colman

 

Carbonne et métale aux sphinctères

Tes effets de serre réchauffent la terre

Une alloufe ça n’est pas cachère

C’est l’cul en torchère

Pour les odeurs va-sy sans gène

Avec le sulfure d’hydrogène

A fond de train par le tunnel

Y a plus de Chanel

 

Un kil par jour en filtre en l’air

T’avale ta morve t’écluses tes glaires

L’art du mollard ça fait vislard

Mais quel gros mot lart

Tout est si bon dans le cochon

Du museau jusqu’au tire-bouchon

Le goût d’la vie c’est les humeurs

Sans odeurs l’homme meure

 

Donnedieu de Vabre c’est une fiotte

Sa culture a un goût de chiotte

Sa connerie ça fout les chocotte

C’est lui qui cocotte

Tous ces pantins formés au moule

Coupeurs de queue laveur de moules

Ca tue l’amour ça fout les boules

Ils sont tous maboules

 


 

POUR LA RELANCE DE LA CROISSANCE

Texte de Stan

Sur l’air de « Les petits papiers »

 

Pour la relance

De la croissance

Faut qu’ le dimanche

Y ait carte blanche

Que soient ouverts

Ça s’rait super

Les magasins

 

Car on s’ fait chier

Dans les musées

On s’intoxique

A des pique-niques

Ou on décroche

Pas d’ la téloche

C’est pas malin

 

Plus d’Picasso

Tous à Casto

Adieu Drucker

Bonjour Leclerc

Foin d’ Téléfoot

Tous au Mamouth

Après la messe

 

En rangs serrés

Dans les travées

Du paradis

Plein mon caddie

J’ fais l’ joli cœur

Au rayon beurre

A une princesse

 

J’y dis : « tu m’ plais »

Tiens, j’ai b’soin de lait

« Tellement t’es belle »

Y m faut du sel

« Donne-moi la main »

Faut qu’j pense au pain

« Que l’on s’ promène »

 

Allons ma puce

Consommons plus

7 jours sur 7

Ah c’ que c’est chouette

C’est du bonheur

Jusqu’à 20 heures

Une vraie aubaine !


Vague cycloïde
Texte de Fred

dedans
ça tourne tourne
ça    tourne    rond
autour de l’axe
droit

dehors
ça remue
ça tourne vague
autour de là où ça touche
et ça avance


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