Goguette du 28 février 2005


 

Le tableau de la semaine (par le peintre Rome)




PSG - BASTIA 2005 à guichet fermé 

 


SI L’ON POUVAIT

Texte d’Armelle D.

Sur l’air des sardines de Pierre Louki

 

Si l’on pouvait mettre un bar sur la scène

Pour la chanson, quelle avancée majeure

Fifi chanterait toujours juste sans peine

Pierrot Jasset serait à l’heure

Jany dirait moi je suis toujours prête

Alain Terdit garderait le cubi

Landrain f’rait des chansons de trois mètres

Plus longues que celles de monsieur Fifi

 

La santé ça n’a pas de prix

Donnez à boire à boire aux chanteurs

La santé ça n’a pas de prix

Donnez à boire, abreuvez les coeurs

 

Si l’on pouvait hydrater les chanteurs

Là sur la scène quelle révolution

Alain saurait tous ces textes par cœur

Fifi jouerait de l’accordéon

Madame Françoise n’aurait plus d’accessoires

Et Maryvonne danserait en claquettes

Robinet serait plein d’espoir

Camille viendrait à la goguette

 

La santé ça n’a pas de prix

Donnez à boire à boire aux chanteurs

La santé ça n’a pas de prix

Donnez à boire, abreuvez les cœurs

 

Si l’on pouvait se saouler sur la scène

La poésie aurait un nouveau chant

La chambellane se dandinerait sans gène

Aussi bourrée qu’le jour de l’an

Quel réconfort pour notre directeur

De siroter sans bouger son rosé

Et quel bonheur pour les serveurs

Plus travailler mais picoler

 

La santé ça n’a pas de prix

Donnez à boire à boire aux chanteurs

La santé ça n’a pas de prix

Donnez à boire, abreuvez les cœurs

   

Si l’on mettait un tonneau sur l’estrade

Quel gain de temps et quel gain d’énergie

T’avoir à nos pieds notre limonade

On f’rait la la on s’rait servi

Juxtaposé tout contre l’abreuvoir

On aurait tous beaucoup plus de génie

Et quel bonheur pour les flemmards

Vive l’autonomie du cubi

 

La santé ça n’a pas de prix

Donnez à boire à boire aux chanteurs

La santé ça n’a pas de prix

Donnez à boire, abreuvez les cœurs


LE PAPA

Texte de Christian

Sur l’air de « la mama » de C.Aznavour

 

Ils sont venus, ils sont tous là

Dès qu’ils l’ont entendu cracher

Ils va mourir le Papa !

Ils sont venus ils sont tous là

De TF1 jusqu’à la six

Cherry FM et Energie

Avec des micros pleins les doigts

 

Les caméras tournent en silence

Sous la fenêtre qui sent la mort

Mais tout ça n’a pas d’importance

Sauf pour les logos pour les sponsors

Ah le Papa !

 

On le ventile on l’assainit

On lui remonte les testicules

Il va mourir le Papa !

 

Au loin on aperçoit Fifi

Qui se frise déjà les moustaches

Demain dans la chapelle sixtine

Il pourra crier mort aux vaches !

Mo-ort aux va-a-a-a-ches !

 

Y a tant d’pognon, tant de dollars

Sous ton mat’lat toi le Papa

Y a tant d’escrocs, tant de gros lard

Qui t’lèchent les pieds toi le Papa !

 

Et tous les hommes qui bandent un peu

En le voyant désintégré

Il va mourir le Papa !

Alors les plus valides se saoulent 

En attendant que l’vieu clapotte

Pendant que l’Afrique s’écroule

A coup de Sida sans capote

 

C’est drôle on s’en fou de tout cœur

Des guerres de civilisations

Y a même deux trois p’tits n’enfants cœur

Qui baisent en faisant attention

Ah ! le Papa !

 

Et les femmes se souvenant

Des pipes aux confessionnal

Il va mourir le Papa !

 

Tout doucement les yeux fermés

Elles se touchent un p’tit peu le sexe

Le vieux fantasme des curés

Qui refusent encore le latex

Ah ! le late-e-xe

 

Y a tant de pauvres à mépriser

Qui croient en toi, toi le Papa

Y a tant de peuples affamés

Par tes loufiats tes sous-Papa

Que jamais, que jamais, que jamais on ne pardonnera ! 

 


Douze coups de plomb dans la cour des bourses

Texte d'Yvon Huet

 

Une p’tite cigarette se consume  au coin d’un marbre

Une odeur de saumon fondu dans un creuset

Se mêle à celle de l’encre qui recouvre le plomb

D’une forme qui pour la dernière fois se montre

Au pied d’une chanson sortie du composteur

Il repose aujourd’hui dans la chambre des morts

Le joujou du typo qui comptait jusqu’à douze

Au rythme de la blague et du coup de gorgeon

Et s’il fit la fierté de tous ces ouvriers

 Compositeurs d’un monde qui se lit à l’envers

Il pourrait aujourd’hui servir à transpercer

L’écran de protection des financiers voyous

 


Écoutez-moi vous les chômeurs
Texte de Stan
Sur l’air d’Amoureux de Paname (Renaud)

 

 

Écoutez-moi vous les chômeurs

Les opprimés, les noirs, les beurs

Cette chanson là vous est dédiée

Car je suis chanteur engagé

J’avoue c’est vrai c’est mon gagne-pain

De dénoncer tous les rupins

Et c’est bien grâce à leurs bassesses

Que j’ peux rouler en Mercedes

 

Mais quand y aura plus la misère

Adieu résidence secondaire

Et c’est pas sur qu’avec mon fixe

Je puisse construire une maison Phénix.

 

Pour sûr, si j’avais eu l’ physique

J’aurais fait chanteur romantique

Mais je n’ai pas la chance hélas

De ressembler à Iglésias

Alors j’ m’escrime à faire des vers

Contre les méthodes policières

Sachant qu’à chaque nouvelle bavure

Je paye à Ginette une fourrure

 

Mais si les flics étaient trop cools

J’ pass’rai l’été à la Bourboule

Terminés pour moi les palaces

Les pieds dans l’eau aux Bahamas

 

Croyez-moi c’est pas de tout r’pos

Depuis les Raffarin and co

Car j’ dois trimer comme un malade

Pour contrecarrer leurs salades

Or, ça met ma muse en colère

faire autant d’heures supplémentaires 

Aussi quand elle est trop flapie

J’ vais voir celle de Florent Pagny

 

Mais l’ jour où y aura plus la droite

Je devrais m’ remettre aux plats en boite

Et c’est quand même moins folichon

Que d’ s’alimenter chez Fauchon

 

Oui, l’ jour où y aura plus Chirac

Faudra que j’ revende ma baraque

Encore que si c’est Sarkosy

J’install’rai p’têtre un Jacusy

 

Pourtant je rêvais Moi qui voulais depuis toujours

Écrire de belles chansons d’amour

Mais paraît qu j’avais pas la classe

Pour jouer à Julio Iglésias

Mais paraît qu’ j’avais pas l’ physique

Pour être un chanteur romantique

Alors je m’escrime à faire des vers

Contre les méthodes policières

Conscient qu’ à chaque nouvelle bavure

Je paye à Ginette une fourrure

 

Mais il paraît que je manque de classe

 

Pour jouer à Julio Iglésias

C’est pourquoi je dois écrire des vers

Contre les méthodes policières

Conscient qu’à chaque nouvelle voiture

Je peux me payer une nouvelle bavure

Quel dommage que j’ai pas sa classe

Car je ...


Aux corps urbains

Texte de Fred

t’as le corps urbain
sans horizon !
un nuage passe…
seul le ciel n’est pas ville

en transit entre les immeubles boîtes
errent des corps barres chocolatées
défibrés…
son corps te manque

t’as le corps confort
en fuite des sens subis
en désir à l’excès
il s’agite !

t’as le corps urbain, trop urbain
énervé de ce qu’il est
tête, avant tout
la douleur là haut comme un fanion

t’as le corps sans humilité
il cherche la souffrance perdue
le froid des champs gelés
l’humidité des bois

ici, abondance d’autres corps
t’es glissé dans l’anonyme
dissimulé dans l’amas chaud
attention ne pas toucher : organe !

t’as le corps vil
en attente de jouissance
accord perdu avec…
elle

un nuage passe…
seul le ciel n’est pas ville


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