Goguette du 25 avril 2005

 


 

Le tableau de la semaine (par le peintre Rome)



 


Printemps 

 

 


 

L’enquête à l’Elysée

Texte de Nanou

Sur l’air de "La danse des canards"

 

C’est l’angoisse à l’Elysée

Un crime odieux s’est passé

Bernie est toute en déprime

Et hurle au crime

Vite il faut bien enquêter

La garde mobiliser

Pour retrouver l’assassin

De ses poussins

Cette affaire gravissime

Qui a fait deux pauv’ victimes

Un drame honteux sans douter   

Est à pleurer

Des meurtriers au palais

On soupçonne les laquais

D’avoir tué les can’tons

A coups d’bâton

 

Cherchez dans la mare

Trouvez mes canards

Crie la Bernadette

Les pauvres bêtes

Ca vaut perpète

 

Double meurtre à l’Elysée

Dit le Canard Enchaîné

Faut p’tête pas exagérer

Mais faut parler

C’est un clebs qui a bouffé

Les deux canards égarés

Bernie la momie s’écrie

Une autopsie !

Car y’a pas de criminels

Chez les Chodron de Courcel

Le chien est pas d’la famille

C’est à ma fille

Le molosse nie tout en bloc

Il ne mange que des coqs

Mitonnés par l’cuisinier

En quantité

 

Je vais porter plainte

Et soyez sans crainte

Il ira à confesse

Puis à la messe

Dit son altesse

 

Mettez les drapeaux en berne

J’vais faire un office interne

Et sortir pour l’occasion

Mon noir crépon

J’mettrai aussi ma mantille

Et p’tête bien mes bas résille

Ca m’f’ra une répétition

J’ai l’impression

Parc’que les enterrements

Je vais y aller souvent

Du Rocher à l’Italie

Oh oui, oh oui

J’f’rai aussi prier le roi

Son âme doit être en surpoids

Avant d’faire son show télé

Il doit expier

 

Je suis une bigote

Et pour l’anecdote

J’vais les remplacer

Par des grenouilles

De bénitier.

 


 

Si loin de l’Hexagone

Texte de Stan

sur l’air d’ « Hexagone » de Renaud

 

J’ai voulu jour l’aventurier

En crapahutant au Vietnam

Mais comme je suis fragile des pieds

J’ai vite chopé des cloques infâmes

Sans compter que tous les moustiques

Aimaient s’acharner sur ma chair

Je n’ vous détaille pas mes coliques

N’empêche que mon foi a souffert

 

Pour faire honneur à mon pays

J’arborais fier un bob Ricard

Je râlais comme c’est pas permis

Dès qu’ le service avait du r’tard.

En bouffant avec des baguettes

J’ me prenais pour un asiatique :

« Tiens, prends moi en photo Ginette

« Pour une fois qu’ j’ai l’air exotique. »

La bas, si loin de l’Hexagone

Y a d’ la beauté dans les rizières

N’empêche que la flore et la faune

N’ valent pas l’ambiance du Limonaire

 

J’ai vu des tours opérator

Tout mitrailler à coup d’ Kodak

Et se pavaner d’un folklore

Qui sentait carrément l’arnaque :

Toutes ces minorités ethniques

Qui se sont transformées sures d’elles

En des vendeuses de Prisunic

Mais en costumes traditionnelles.

 

Faut dire qu’avec toute notre oseille

On fait baver plus d’un vietminh

Qui s’en vont j’ter à la corbeille

Les vieux préceptes d’Ho Chi Minh

Oui, c’en est fini du grand soir

Vive l’économie libérée

Maint’nant qu’ le Parti vient s’assoire

Dans les fauteuils de l’OMC

La bas, si loin de l’Hexagone

Pour la bonne bouffe, ils savent y faire

N’empêche qu’aucun bar de la zone

Ne vaut l’ambiance du Limonaire

 

Pour la liberté politique

Faudra r’passer un peu plus tard

Franch’ment soyons donc pragmatique

D’abord faire entrer des dollars :

« Pour sûr, nos salaires misérables

« Vont attirer les capitaux 

« Petit, laisse tomber ta cartable

« Et cours à l’usine aussitôt »

 

Côté religion, y a Bouddha

C’est un p’tit peu leur Jésus Christ

Sauf que le type est bien plus gras

Qu’on croit qu’il tient une charcut’rie

Y a aussi quelques catholiques

Souvenir de nos bons missionnaires

Venus enseigner à coup d’ trique

Que le vrai Dieu a la peau claire

 

La bas, si loin de l’Hexagone

Dans leurs cœurs, c’est jamais l’hiver

N’empêche qu’aucun des autochtones

Ne vaut l’ambiance du Limonaire

 

Elle menaçait l’armée française

En débarquant en 46 :

« Ceux qui chantent pas la Marseillaise

« Finiront en chair à saucisse

« Non mais, pour qui qui s’prennent ces viets

« On est encore ici chez nous

« Ils n’ont qu’à s’ contenter d’ nos miettes »

Et puis il y a eu Dien Bien Phu !

 

Dix ans plus tard, c’est l’Amérique

Qui vient jouer les libérateurs :

« Goûtez nos bons produits chimiques

« Ça vaut vos raviolis vapeurs

« Ayez confiance et restez calmes

« Faut pas trembler comme ça, fillette

« Tu sais, c’est bon pour toi le Napalm

« Et puis, ça vaut mieux qu’un soviet »

La bas, si loin de l’Hexagone

On cause plus la langue de Molière

N’empêche qu’on s’ sent parfois alone

D’être aussi loin du Limonaire

 


 

elle remaillait

Texte de Fred

 

elle remaillait
avec un peu
de peu
dans un espace
de rien
mais ceint d'un jaune
d'après la guerre
sale

aujourd'hui empêtré
dans de fausses difficultés
je repeins son moi
d'un peu de mon moi
feignant de croire
à sa non-différence
j'écoute, à peine

marchant sur des ponts de liens tendus
nous reprisons
nos pensées misérables et fragiles
de l'autre-ailleurs.

sans condition pourtant
exister!


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