Goguette du 16 mai 2005


RAFFARIN AUSSI

Texte de Nanou

sur l’air de "Félicie aussi" de FERNANDEL

 

C’est au fond d’un petit village

Que j’ai entrevu Raffarin

Il venait parler du chômage

Avec son air de cabotin

J’voulais pas manquer l’occasion

D’lui faire rater son excursion

 

Il faisait un temps vosgien

Ca sentait bon le purin

Raffarin aussi

J’me disais ce gros bouffon 

Il va quitter Matignon

Raffarin aussi

Loin de nous paissait une vache

Elle avait de grosses taches

Raffarin aussi

Un rapace volait dans l’ciel

Il chantait un’ritournelle

Raffarin aussi

 

Afin de pimenter le tout

Je l’emmenai dans la forêt

Il se retrouva dans la boue

Et pesta comme un charentais

Le fait de se voir dans la merde

Lui fit ravaler ses proverbes

 

On vit un lutin pressé

Qu’avait l’air bien énervé

Raffarin aussi

Il nous dit je suis foutu

Je ne fais que des bévues

Raffarin aussi

On me traite de vieux croûton

Avec ma têt’ de cochon

Raffarin aussi

Et pis le mot baratin

Peut rimer avec le mien

Raffarin aussi

 

Le bon air lui tournant la tête

Je dus le ramener au bled

El gringo durcit ses gambettes 

Tant la pente côte était raide

Le sale air de la peur au front

Il courut vite jusqu’au béton

 

On croisa la France d’en bas

Qu’était toute flagada

Raffarin aussi

Trois ans de programmes bidons

Ca enrichit les dindons

Raffarin aussi

Ainsi gouverne le Poit’vin

Qui pense plaire en faisant rien

Raffarin aussi

Le pays suinte la misère

Il est couvert de poussière 

Raffarin aussi

Avec ces mauvais calculs

A bobo la vésicule

RAFFARIN AUSSI !

 


Vivement que soit passé le référendum

Texte de Stan

Sur l’air de « je suis un voyou » de Brassens

 

Docteur si je viens vous voir, c’est qu’ je suis morose’

Oui, je sens que ça explose dans ma p’tite cafétière

Bon je vous rassure direct : c’est pas l’andropause

Non, c’est le dégoût de tout : Ben, qu’est c’ qu’ y a Jean Pierre ?

 

Oui, je sais c’est ridicule

Hélas, depuis qu’ils

M’ont ôté la vésicule

J’ me fais plus de bile

Si d’aventure vous aviez

Des médocs en stock

Remplissez en mon panier

Pour tenir le choc

J’en ai marre d’avoir les rennes

De c’ foutu pays

En plus, tout l’ monde a la haine

Moi, j’ai rien choisi

Oui, vraiment j’en ai assez

J’en ai plein l’ rectum

Ah viv’ment que soit passé

Le référendum !

 

Je pourrais me mettre au vert

Dans mon bon Poitou

Et pêcher dans les rivières

Avec mon toutou

C’est pas le conseil des ministres

Qui me manquera

J’ peux plus voir les gueules sinistres

De ces faces de rats

Qui me disent : « mon bon Jean-Pierre

Non, t’es pas mauvais

Mais enfin tu exaspères

Beaucoup les français »

Bref, tout l’ monde veut me jeter

Comme un vieux Chewing-gum

Ah viv’ment qu’on aille voter

Au référendum !


Ah enfin dire à Chirac :

J’ rends mon tablier

Désolé, j’ laisse la baraque

Dans un vrai merdier

Espérons que le clampin

Qui prendra ma suite  

Alliot Marie ou Vill’pin

Utilise Woolite !

Moi, faut qu j’ reprenne mes affaires

Mes jolis napp’rons

La photo où y a ma mère

A ma communion

Oui, j’irais débarrasser

Mon capharnaüm

Une fois que sera passé

Le référendum !

 

Docteur, j’ai b’soin d’énergie

Avant que j’ m’érode

Et devienne plus ramolli

Qu’un gastéropode

Donnez donc moi du tonus

Car je suis si schlass

Que maint’nant dans l’autobus

Les vieux m’ cèdent leur place

Il faudrait qu’ j’aille sur la côte

Pour me ressourcer

Pourquoi pas à la Pentecôte ?

Merde, j’ l’ai supprimée !

Sur ce coup là, dans la connerie

J’ai atteint le summum

Ah viv’ment le jour béni

Du référendum !

 

Le pire c’est qu’après trois piges

De c’ foutu pouvoir

Mon épouse me néglige

Quand je rentre le soir

Elle refuse de faire la bouffe

Elle m’ laisse en carafe

Et je reste seul dans mon pouf

A mater Lagaf

Enfin, il faut qu’ je déballe

Ce terrible drame

Oui, en sortant d’ l’hôpital

J’ai surpris l’infâme

Dans les bras musclés de mon

Fidèle majordome

Moi, j’m’en fous, ben, j’dirais non

Au référendum !

 


La Pentecôte ou la manifestation de l’Esprit-Raffarin

Texte de Jeanne

Sur l’air de L’Entrecôte des Frères Jacques

 

Cet été-là il y’eut une canicule

Des tas d’ bons vieux y laissèrent leur peau

Car bien plus vite qu’ d’un problèm’ d’ vésicule

On peut crever quand on prend un coup d’ chaud.

Or, très sensible au sort de nos grands-pères

L’ premier ministre prit la question en mains

Sans hésiter il décréta Jean-Pierre

Qu’un jour férié nous irions au turbin

Ascension, Noël, Pâques ou bien Trinité

Entre toutes les fêtes il sembla hésiter

 

Mais il choisit le lundi de Pentecôte

Pensant qu’en cet’ journée d’action de Grâce

Que nous décrivent les Actes des Apôtres

Y’s’rait enfin sorti du Val de Grâce

Et que remis de ses ripailles

Y’ saurait mater la pagaille

De ce fameux lundi de Pentecôte

De Pencôte

 

Moi qui suis prêtre mes amis je l’confesse

Et pourtant Dieu la chose n’est pas banale

J’ai dû laisser tomber un’ partie d’fesses

Pour v’nir ce jour dans mon confessionnal

Oui je l’avoue c’était à contre-coeur

Que je laissai mes belles enamourées

Pour v’nir entendre encor’ toutes ces horreurs

Mais d’mon civisme je fus récompensé

Car à peine ma robe avais-je revêtue

Que je vis arriver ô chose inattendue

 

Celui-là même par qui ce jour d’Pencôte

Fut transformé en journée solidaire

Rendu prolixe par quelques verres de Côte

Il se livra devant moi et Dieu l’Père

Alors tant pis pour le secret

Je vais de c’pas vous révéler

Ce qu’il me dit en ce lundi de Pentecôte

De Pentecôte

 

Pardon mon Père je l’avoue j’ai pêché

Le sort des vioques m’est bien indifférent

Et des infirmes j’en ai rien à carrer

Tout c’que j’demande c’est dev’nir président

Or il me semble que comme avec Jésus

Mes bon François m’avaient vite enterré

Que pour m’faire taire y’avait eu consensus

Mais avec moi y’faut savoir compter

Alors tous éclopés, débiles et barbons

M’ont paru bon prétexte pour une résurrection

 

Et si j’ai choisi ce lundi de Pentecôte

C’est pour paraître semblable à l’Esprit Saint

Aux yeux d’la France d’en bas comme de la haute

Que le pays n’oublie pas Raffarin

Alors les grèves, les RTT

J’men fous car j’suis ressuscité

J’vous l’ai prouvé en ce lundi d’Pentecôte

De Pentecôte


Lundi au Limonaire

Texte de Alain Terdit

Sur l'air de : "Amsterdam" de J. Brel

 

Lundi au Limonaire

Goguette des énervés

Un peu contestataire

Pour seulement dénoncer

 

On y vient entre amis

Même des fois par hasard

Ça peut durer très tard

Tout ça dépend d'Annie

 

L'accordéon d'Paccoud

Met des notes sur les mots

Fifi qui boit un coup

Pour lui c'est jamais trop

 

C'est vrai au Limonaire

On peut penser voix haute

Démontrer le contraire

Du pouvoir, de ses fautes

 

Au Limonaire c'est vrai

On aimerait un surplus

De chroniques qui défraient

De rebelles convaincus

 

Qui vous montre les dents

Disant c'qu'il leur déplait

Ne sont pas satisfaits

De ces lois écœurantes

 

Faut qu'partout dans la rue

On parle de la Goguette

Qu'on y vienne, qu'on s'arrête

Qu'on s'avoue pas vaincus !

 

Pour le dire en chantant

A ces gens du Pouvoir

Qu'on est des mécontents

Qu'on ne veut plus les voir

 

Lundi au Limonaire

Y'a des copains qui pensent

Aux problèmes de la France

Et de c'qu'on pourrait faire

 

Et ils disent et ils chantent

A gorge déployée

Dans le son déchiré

Des notes confidentes

 

Ou en buvant des coups

On écoute les coups d'gueule

de tous ceux qui le veulent

Qu'on n'entend pas partout

 

Alors le regard fier

Alors le cœur gonflé

Ensemble sous la lumière

on se sent soulagés

 

au bar du Limonaire

y'a des copains qui boivent

et qui boivent et reboivent

et qui reboivent encore

 

ils boivent à la santé

des amis du Limo

de Ivry ou d'ailleurs

enfin, ils boivent des mots

 

qui leur donne l'impression

que d'autres pensent comme eux

ne veulent plus d'illusions

il faut ouvrir les yeux

 

alors sur cette scène

on y crache sa colère

car c'est pas pour déplaire

tant pis pour ceux qu'ça gène

 

lundi au Limonaire

lundi au Limonaire

lundi au Limonaire


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