Goguette du 24 octobre 2005

 


 

La complainte de Lionel Jospin

Texte de Stan

Sur l’air de « Les ricochets » de Georges Brassens

 

Comme je fus merdeux

Au premier tour de

La présidentielle,

J’avais décidé,

Vraiment quelle idée,

De me faire la belle,

De me retirer

A l’île de Ré

Pour être tranquille.

Oui, j’ai fait la nique

A la politique

Comme un imbécile.

 

Depuis c’ premier tour,

Il n’est pas un jour

Sans que j’ désespère

D’être à la campagne ;

En plus, ma compagne

Me fait des misères ;

Je crois que j’ l’ennuie,

Mais faut dire que j’ suis

Tell’ment peu fendard

Qu’elle me dit : « pauvre mec

« J’ vais m’ barrer avec

« Jean marie Bigard ! »

 

C’est pas folichon

Mes occupations

Depuis ma retraite :

Je vais au marché,

J’ fais des mots fléchés

Vous dire si c’est chouette !

Façon, j’ crains l’ soleil,

J’ai peur des abeilles,

Et horreur du sable,

C’est jamais la joie

Exceptées les fois

Où je gagne au scrabble !

 

Pour r’trouver la pêche,

Faudrait derechef

Que je me recycle,

Que j’ trouve illico

Un nouveau boulot

Loin des hémicycles,

Mais à part des lois,

Des décrets parfois,

Je ne sais rien faire,

J’ai passé trop d’ temps,

Plus de quarante ans,

Dans les ministères.

 

Oui, j’ suis mal côté

De n’avoir été

Qu’un homme politique.

« C’est pas qu’ vous êtes con »

M’a avoué mon con-

- Seiller Assédic,

« Mais, ç’est qu c’est duraille

« D’avoir un travail

« Par les temps qui courent,

« J’ n’ai pour vous aucun

« Autre poste qu’un 

« Mi-temps à Carrefour ! »

 

C’est vrai, ce fût bête

D’avoir, d’un coup d’ tête,

Stopper ma carrière.

Je m’en mords les doigts

Surtout quand je vois

Cette fourmilière.

Franch’ment, le Parti

Est bien mal parti

Pour mai 2007

A moins qu’un sauveur,

A bon entendeur,

Reprenne sa tête.

 

Bon imaginons

Que je n’ dise pas non

A un vrai retour.

Je vous préviens, dans c’ cas,

Que j’ suis candidat

Juste au second tour,

Car j’ai mal vécu

D’ l’avoir eu dans l’ cul,

J’ai encore la haine

De n’avoir pas fait

Mieux qu’ ces empaffés

Chirac et Le Pen.

 

Et j’en veux encore

A toute cette pléthore

De candidature.

J’ voudrais qu’ présent’ment

Jean pierre Chev’nement

Subisse des tortures,

J’aimerais voir des rats

Bouffer Taubira

En guise de dessert.

Et j’ n’ai plus envie

D’inviter, je vous dis,   

A Noël, ma mère !


Bacary

Texte de Françoise H.

Sur l'air de Sarah de Serge Reggiani

 

Cet homme qui est dans mon lit

N'a pas trente ans depuis longtemps…

Ne riez pas, n'y touchez pas…

Gardez vos flics et vos gendarmes…

Lorsque la nuit nous réunit,

Son grand corps brun s'unit au mien…

Lui ses blessures… sous la torture

Moi mes fêlures… on se rassure…

 

Cet homme qui est dans mon lit

Vous le pressentiez est sans papiers

C'est seulement par amitié

Qu'on me conseille de me méfier !

C'qu'il veut c'est seulement m'épouser

Avoir la nationalité

Franchement qu'est-ce que vous en savez

De notre tendre complicité…

 

Cet homme qui est dans mon lit

Peut-être demain sera parti

Menottes au poing sera reconduit

Ou peut-être dans un autre lit

Mais je te dis quand-même MERCI

Pour ce sursis

Pour ce répit

Pour chaque nuit

 

Bacary…


Elle est à toi

Texte de Alain Terdit

Sur l'air de : l'auvergnat de Georges Brassens

 

Elle est à toi cette chanson

Toi l'communard qui sans façon

Leva le poing pour la commune

Contre le vent et l'infortune

Toi qui n'a pas cédé devant

Les royalistes dirigeants

La bourgeoisie des nobles d'en haut

Voulais notre peau

 

Toi l'communard qui n'est plus là

Toi qui avais ouvert la voie

Tu dois souffrir au paradis

De toutes ces conneries

 

Elle à toi cette chanson

Toi grands-parents qui pour de bon

S'étaient battus pour les congés

Le repos payés

Toi qui n'a pas repris l'travail

Quand les patrons et la flicaille

Voulaient vous remettre au turbin

 

Toi grand-parent toi qui n'est plus

Toi qui avant s'est bien battu

Tu dois vraiment être déçu

Car rien ne va plus

 

Elle est à toi cette chanson

Génération d'soixante-huitards

T'as du abuser du pétard

Rêvant d'un monde peace and love

Toi qui n'a pas su retransmettre

Les yeux rivés à la fenêtre

Qu'a envahi toutes les maisons

Abrutissant vos êtres

 

Toi notre aimée quand tu t'endors

Bien protégée de tout dehors

C'est pas la peine de dire encore

Merci de tes efforts

 

Elle est à toi mon frère de temps

Toi qui ne peux projeter devant

N'a pas d'autre choix évident

Que d'être mécontent

Tu dois redescendre dans la rue

Reprendre le combat déçu

Ça recommence une fois de plus

Descendre dans la rue

 

Toi frère du temps oui méfies-toi

N'accepte plus et défends-toi

Pour pas laisser à tes enfants

Ce gouvernement

 


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