Goguette du 31 octobre 2005

 


La stagiaire du patron

Texte de Mireille

Sur l'air de : le poinçonneur des lilas de Serge Gainsbourg

 

J'suis la stagiaire du patron

J'lui fais le café et accroche son veston

Dès qu'il m'appelle je rapplique !

Et vite, vite lui tape le texte du congrès

Qu'à Bruxelles il doit honorer…

 

J'tape des mots, des p'tits mots

Toujours des p'tits mots

Des mots d'première classe

D'autres plus dégueulasses

Comme le dernier courrier

Pour faire licencier

La petite secrétaire

Que j'ai remplacée !

 

J'suis la stagiaire du patron

Mais le soir quand je rentre à la maison

Je ne me sens pas si fière

Que faut-il faire

Pour un salaire que j'aurai

Quand mon stage sera terminé

 

J'tape des mots, des p'tits mots

Toujours des p'tits mots

Des mots d'première classe

D'autres plus dégueulasses

Comme le dernier courrier

Qui a remercié

Des commerciaux zélés

Que viendront substituer

Quelques stagiaires moins payés

 

J'suis la stagiaire du patron

Alors c'est fait j'ai pris la décision

Demain c'est sur j'manifeste

J'lui rends ma veste

Et j'm'en vais battre le pavé

Avec tous mes potes syndiqués

 

On dira des p'tits mots

De plus en plus gros

Des mots d'seconde classe

Mais moins dégueulasses

Que ceux de tous ces patrons

Qui nous font trimer

Et savent si bien exploiter

La précarité…

Mais attention ça va péter

Car trop c'est trop

Et les p'tits mots

Deviendront de plus en plus gros !!!


Le cri du merle

texte de Thomas DOBROWOLSKI

 

Alors que les têtes hautes ne croient plus ce qu'elles savent,

Refusant de tordre le coup à leurs vocations.

Et que le peuple maudit se complaint dans sa bave

Suçant le mou poncif de leurs télévisions.

 

De paisibles enfants jouent au fond de leurs tristes cages

En liant au son de nos poubelles de francs rires clairs

Et loin de nous maudire de tous nos avantages

Ils brisent nos murs armés de leurs imaginaires.

 

Pourtant déjà dans l'ombre de féroces nuisibles

Allume telle des friandises leurs pupilles vils

L'un agitant fort les grelots de sa bible

 L' autre tenant en retrait son aigre volatile.

 

Et notre état postiche soumit aux grandes fortunes

Renforce bien sa police pour ses travaux honteux

Se faisant la mains sur les bras trop court pour l'urne

Ils couvrent ses triporteurs et non les miséreux.

 

Hier j'ai reçu d'un balcon un lourd projectile,

Alors que l'on criait le droit du mal logés.

Un signe sinistre réside dans se geste hostile

Qui lâche vilement sa haine travaillée.

 

Hier j'ai été arrêté par d'hardis fonctionnaires

Qui n'ont pas su apprécier le doux chant moqueur

Du merle qui su danser devant la grippe aviaire

Pour de pauvres poulets arrogant leurs blancheurs.

 

Le petit goret vomit en fier chef de file

De sa gueule le poison que taille ses injures

Pour que jappe en masse l'ânerie érectile

De brave collabo à la si plate figure


Cours mon enfant, cours ma chérie,

Texte de Françoise H.

Sur l'air de « Chante une femme » ( Jean Arnulf)

   

Cours mon enfant, cours ma chérie,

Crie une femme, en Tchétchénies'écrie

Crie en Tchétchénie, une femme

A son enfant nommé: Mariam

 

Cours, mon enfant, cours ma chérie

Surtout ne restons pas ici

J'entends revenir les avions

Ils vont bombarder la maison

Surtout ne lâche pas ma main

On va courir très loin, très loin..

Mais nous voici dessous le bois

Viens mon enfant, viens contre moi. . .

 

Il

 

Cours mon enfant, cours mon chéri,

S'écrie u-ne femme en Russie

S'écrie en Russie u-ne femme

A son enfant nommé BOGDAN

 

Cours, mon enfant, cours mon chéri,

Surtout ne restons pas ici

Ils sont venus de Tchétchénie

Tu n'as même pas quatre ans et demi

Surtout ne lâche pas ma main

On va courir très loin, très loin

Mais nous voici dans la maison

Viens mon enfant, viens mon garçon

 

III

 

Cours mon enfant, mon fils unique

Supplie un père en Amérique

Et crie en Irak une femme. . .

Partout dans ces nouveaux Vietnam


Sarko

Texte de Robert

 

J'entends Sarko

Et ses fadaises

Son karcher

Et ses cris de matons

Mais je n'suis

Pas très à l'aise

Quand j'écoute

Les cris du béton

 

Pon pon pon pon…

 

Ferme ta gueule conseillaient les …


EXPULSIONS

Texte de Alain Terdit

 

C’est en juillet dernier

Lors des préparatifs

Des vacances d’été

Après mai, ses manifs

Les changements de ministres

Jeux de chaises musicales

Pour sauver du sinistre

Le bon Monsieur Loyal

Président des Français

L’a fait…

 

Excluant tout débats

Pour imposer leurs lois

L’Europe leur tend les bras

Déclenchent les plans d’urgence

Déploient les forces de l’ordre

Pour faire bonne apparence

Face à tout ce désordre

Assis du bout des fesses

Les clowns de l’Assemblée

L’ont fait…

 

Tout le monde occupé

Vacances ou perspectives

Du temps pour comploter

L’Intérieur qui s’active

Français, Allemands, Anglais

Veulent mettre à l’extérieur

Frères et sœurs qui espéraient

Etre régularisés

C’est leurs vies dès demain qu’on

Défait…

 

C’est le début septembre

Et sa rentrée des classes

Trop de monde qui tremble

Aux promesses de charters

Tous les indésirables

Expulsés des frontières

Un nombre incalculable

Augmente les sondages

D’ambition politique

C’est fait…


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