Goguette du 5 décembre 2005

 


Faut qu’ tu bosses

Texte de Stan

Sur l’air des  « Joyeux bouchers » de Boris Vian

 

C’est le credo de Dominique de Villepin

Pour que la France sorte enfin de la crise

Ça serait bien que les maudits galopins

Découvrent tôt les joies de l’entreprise

 

Faut qu’ tu bosses

Hé dis donc toi le petit

Ca t’ dirait d’être apprenti

Dès qu’ ta tétée s’ra finie ?

Faut qu’ tu bosses

Pas besoin qu’ tu saches écrire

T’auras pas à réfléchir

Faudra seulement obéir

Faut que tu bosses

Le soir, si t’as été sage

On te donn’ra pour tout gage

Une ou deux voire trois images

Faut qu’ tu bosses

Allez, sors ton berceau

Allons, ne fais pas le sot

Et attrape donc ce pinceau

Faut qu’ tu bosses

Très tôt.

 

C’est le credo des patrons, Medef en tête

Pour que la France sorte enfin de la crise

Il suffit juste de supprimer les retraites

Vivre et mourir au sein de l’entreprise

 

Faut qu’ tu bosses

Hé dis donc toi le vieillard

Tu m’as l’air encore gaillard

Pour faire un bon scribouillard

Faut qu’ tu bosses

Bon d’accord, t’as du diabète

Tu n’  tiens plus sur tes gambettes

Et tu perds un peu la tête

Faut qu’ tu bosses

Franchement, tu d’vrais être fier

De continuer ta carrière

Jusqu’à ton heure dernière

Faut qu’ tu bosses

Allez, sors de ton cercueil

Allons, ne fais pas d’écueil

Et retourne à ton fauteuil

Faut qu’ tu bosses

Tout l’ temps.


Une idée qui dure et perdure

Texte de Nanou

Sur l’air de "Sur un vœu de Paul Eluard" de Jean-Roger CAUSSIMON 

 

Nul n’est à l’abri d’un accident de la vie !

 

Ca devait être provisoire

Et puis putain, vingt ans déjà !

Sur la Une, promo d’un soir,

La faim fait grimper l’audimat.

Date à ne surtout pas fêter,

Y’a pas lieu de s’en réjouir,

Des besoins immenses à combler,

Et des cœurs qu’il faut revêtir.

 

Nul n’est à l’abri d’un accident de la vie !

 

Tant de souffrances et de blessures,

La misère persiste et s’aggrave,

Vient l’heure où poussent les gerçures,

Et déjà huit morts au pointage.

Des jours sans fin, sans pain, sans rien,

Stop de jouer à qui perd crève !

On est tous dans le même train,

Mais y’a le fric et puis les rêves.

 

Nul n’est à l’abri d’un accident de la vie !

 

Le présent d’hier, c’est maintenant,

Quand tout s’écroule et se consume,

Sous l’œil dérangé des passants,

Rempli de haine ou d’amertume.

Les refrains menteurs sont rayés,

La pauvreté est dans la rue,

Au lieu de songer Elysée,

Oeuvrez concret pour les exclus.

 

Nul n’est à l’abri d’un accident de la vie !


ERREUR JUDICIAIRE

Texte d'Alain Terdit

Sur l'air de "pour une ouverture vraie"de Christian Paccoud

 

Trop d'anonymes sur la terre

Sont meurtris depuis leur chair

Témoins d'une justice austère

Faudrait pas les oublier

Innocents bien qu'ils le jurent

Pas de preuve, rien qui les rassure

Les aveux sont des parjures

C'est pour une justice vraie

 

T’es cueilli au lever du lit

T’es enlevé à la vie

Et commence la comédie

Les rouages sont enclenchés

On te passe les bracelets

Ta garde à vue notifiée

Par les flics t'es embarqué

C'est pour une justice vraie

 

Commencent des heures d'audition

Avec sans confrontation

Tout dépend d'la délation

De ce qui t'ai reproché

Les bleus marine te maltraitent

Car l'histoire est trop suspecte

Ils te font une grosse tête

C'est pour une justice vraie

 

Autour du juge d'instruction

Sans prendre de précaution

On t'envoie dans une prison

Pour les besoin de l'enquête

Bafoués tous les droits de l'Homme

Tu te prends ça dans la pomme

Dans tout ce capharnaüm

C'est pour une justice vraie

 

En gros titre dans les journaux

Les médias ces gros chacaux

Font de toi un vrai salaud

Ils le disent dans leurs papiers

Mais faut révéler l'affaire

Aux lecteurs ça va leur plaire

Entretenons le mystère

C'est pour une justice vraie

 

Là au banc des accusés

L'avocat vient  plaidoyer

Les jurés délibérer

L'accusation est sévère

Malgré le manque de preuve

Le tribunal fait peau neuve

Les lois coulent telles un fleuve

C'est pour une justice vraie

 

Mais les erreurs judiciaires

Ne sont pas que romancières

Elles sont parfois meurtrières

La honte peut te suicider

Lors du procès en appel

La vérité se révèle

Reconnaît l'erreur cruelle

C'est pour une justice vraie

 

Bien qu'ce soit exceptionnel

Il y a rien de personnel

La justice c'est le bordel

Car au compte de résultat

Laisser faire les enquêteurs

Qu'ils ne commettent plus d'erreurs

Bien raison d'en avoir peur

C'est pour une justice vraie


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