Goguette du 12 décembre 2005

 


Les Phénix de la nation

Texte de Jeanne

sur l’air de La Chasse aux papillons de Georges Brassens.

 

Un présidentiable qui prenait de l’âge,

Et ne pouvait plus s’passer d’ses lorgnons,

Se voyait chuter dans tous les sondages,

Alors qu’approchaient les élections.

 

Il se dit « Grand Jacques, c’est quand même dommage,

De voir qu’une ride, un petit sillon,

Font vite oublier combien tu es sage,

Et t’réduisent au rang de vieux croûton.

 

Mais puisque la ruse est ton apanage,

Tu dois pouvoir faire bouger l’opinion,

Et si le problème, c’est ton visage,

Fais-toi sans tarder une gueule d’Appolon. »

 

Et sans autre forme de badinage,

Le vieil homme s’attela à sa mission,

Et se sentant prêt pour un relookage,

Il se mit en quête d’un greffon.

 

Il pensa tout d’suite à tous les trucages,

Qui font le succès des grosses productions,

Qui outre Atlantique font un vrai carnage,

Dont les amerloques ont le filon.

 

Au pays de Bush il fit un voyage,

De la chirurgie vit tous les grands noms,

Et remit le sort de son plasticage,

Aux mains d’un artiste de renom.

 

Quand un beau matin encore dans l’cirage,

A peine remis d’son opération,

Il put voir enfin sa nouvelle image,

Il découvrit la tête à King Kong !

 

Vous pensez p’têt qu’il en fut vert de rage

Mais il se jeta au cou d’sa guenon

Et lui dit « Ma chère prenez ces bandages,

Et n’faites pas cette tête de dix mèt’ de long

 

Certes le gorille a presque mon âge,

Mais au box office c’est lui le champion,

Avec chaque remake il fait des ravages,

J’crois bien qu’on la tient not’solution.

 

Et si les sondages s’rapportent au pelage,

De l’Elysée nous foul’rons le perron,

Et la France s’ra fière d’ses hauts personnages,

Nous s’rons les phénix de la nation,

Les phénix de la nation ! »


Bernadette

Texte de Bertrand

sur l’air du « Loir et Cher » de Michel Delpech

 

Bernadette habite à Sarran en Corrèze

Et c’est pas tous les jours qu’elle baise

Elle passe tout l’automne à refaire son chignon

Le même que maman Chaudron

Son putain de village ses vaches et sa mairie

L’église et son gazon fleuri

Ca fait de belles cartes postales

Oui mais Bernie n’a pas l’moral

T’en fais pas Bernadette

J’arrive et je te fais le coup d’la tartiflette

Y faut pas qu’tu t’inquiètes

Je sais faire faire les galipettes

Aux châtelaines à la r’traite

 

Telle une alouette

Gentille alouette

Je te déplumerai

Et te ferai monter

Là-haut sur le clocher

Et je t’empalerai

Tu seras Bernadette

De Sarran la girouette

 

Chaque fois que j’m’arrête à Sarran en Corrèze

Même si des fois il fait pas chaud

Le cul planté là-haut Bernadette est à l’aise

Et moi je suis dans le château

Quand les pièces jaunes déforment les fouilles

De mon pyjama ça chatouille         /           Pour toi Bernadette

Par la fenêtre de Bity           /           Finie la bicyclette

J’aperçois l’église et Bernie

Le nez qui pointe vers la droite (forcément)

Qui envoie à l’assaut des hordes de chauvins

Menacés comme de bien

Entendu par des chiens

D’étrangers assoiffés

Du sang de nos compagnes

 

Telle une alouette...

On dirait qu’ça t’gène.


Quand je pense à Hollande

Texte de Stan

Sur l’air de « Fernande » de Georges Brassens

 

En bon militant socialiste

Je suis allé au Mans

Et là, un évèn’ment gênant

Se passa ; depuis il persiste

Refrain

Mais quand j’ pense à Hollande,

Je bande, je bande

A Pierre Moscovici

Je bande aussi

Quand j’ pense à Jacques Delors

Mon Dieu, je bande encore

Y a qu’ quand j’ pense à Fabiu(s)

Que je ne bande plus

Ces bandaisons les gars

Je ne les explique pas

 

D’accord, mes convictions se portent

Pour ces gens respectables

Est-il pour autant acceptable

De les exprimer de la sorte ?

Refrain

 

Je n’ai pas de penchant spécial

Pour la gent masculine

Aussi cela me turlupine

Qu’il se dresse à la verticale

Refrain

 

A la tribune où je pris place

J’informais l’auditoire

Que ces individus notoires

Ne me laissaient jamais de glace

Refrain

 

Comme l’aveu était franc et net

Se délièrent les langues

Bientôt l’on entendit Jack Lang

Chanter ce refrain à tue tête

Refrain

 

Ayant fait part à ma donzelle

De ce trouble érectile

Je me suis senti imbécile

Quand j’entendis sa ritournelle

 

Refrain 

Que tu bandes pour Hollande

J m’en glande, j’ m’en glande

Pour Pierre Moscovici

J’ m’en glande aussi

Que tu bandes pour Delors

Mon Dieu, j’ m’en glande encore

Car je me tape Fabius

Depuis un an, voire plus

Tes bandaisons, mon gars,

Ca ne m’intéresse pas !


Ni fin Ni cesse

Texte de Nanou

sur l’air de "Ni Dieu Ni Maître" de Léo FERRE

 

Enlève la tiare, mets ta casquette,

Ne joue pas trop les trouble-fête,

Oui, les bulles du Pape sont mornes,

Et tu vas trop vite en besogne.

Probité, c’est du latinisme,

Et pas assez, du pur papisme,

Ne parlez pas mythes à l’abbesse,

Ni fin Ni cesse !

 

Ha bon, votre bible est bien faite ?!

Pour moi, ça ne vaut pas tripette,

Certains saints sont bien expliqués,

Pédophilie, bonne du curé,

La bannière demandée fait rage,

Et les homos ont des blocages,

Une jolie terre demande l’averse,

Ni fin, Ni cesse !

 

Mais, il court, il court le furet,

Et certain’ment pas qu’en pensées,

La petite nonne aime les grands bœufs,

Avant ou après le breakfast,

Mais Bernie a peur des beaux ogres

Faut qu’elle arrête de boire des grogs,

On sait qu’elle est folle de la messe,

Ni fin, Ni cesse !

 

Les bons cabots ne se taisent plus,

Dommage pour eux, les peigne-culs,

Ce n’est qu’une fine appellation

Qui n’entraîne pas la confusion.

Mais, taisez vous donc tous en bas !

Criera leur Dieu un jour de glas,

Mélangez la fine et l’épaisse,

Ni fin, Ni cesse !

Ni fin, Ni cesse !

Pas vrai Benoît !


La goguette c'est la tienne

Texte de Alain Terdit

Sur l'air de "Manu" de Renaud

 

Eh Paccoud rentre chez toi

Tu vas lâcher ma mère

La goguette terminée

Tu te prends pour Molière

J'croyais qu'un dur à cuire

Ça f'sait pas du ciné

Mais là c'est encore pire

Ce qui vient d't'arriver

Ton nouveau copinage

Avec la comédie

Ça ne porte pas l'hommage

Au drapeau d'l'anarchie

 

Eh, tu déconnes Paccoud,

Ma moman c'est une reine,

Et n'oublies pas surtout,

La goguette c'est la tienne

 

On était tous choqués

Qu'au palais, ils te veulent

Tu lesenvoyais chier

Tu n'étais pas tout seul

Même si tu as d'la voix

Faudrait pas qu'tu déconnes

P'tit rat à l'opéra

Tu blufferas personne

Pourquoi pas Aphrodite

Vêtue d'l'accordéon

Ta grosse voix qui débite

Le bourgeois gentil con

 

Eh, tu déconnes Paccoud,

Ma moman elle a d'la veine,

Et n'oublies pas surtout,

Ma goguette c'est la tienne

 

J'vais t'dire on est des fous

On forme une sacrée bande

Pi en vrai on s'en fout

De ce que tu y glandes

Not'e cheval de bataille

Le lundi c'est permis

Avec les camarades

Des mots on en a dits

Eh Paccoud la goguette

Malgré toutes tes absences

N'a pas la grosse tête

Mais elle aime ta présence

 

Eh, tudéconnes Paccoud,

Ma moman n'a pas la haine,

Et n'oublies pas surtout,

La goguette c'est la tienne

 

Ma moman c'est une chieuse

Paccoud, dits-le franchement

Elle est moins ennuyeuse

Qu'tes répètes forcément

Quand t'as écrit ton texte

Tu t'es bien pris au jeu

Y t'fallait un prétexte

Pour être avec les gueux

Qui aiment à se charrier

Quand sont à cours d'histoires

Pas faute d'actualité

Mais ce soir c'est la foire

 

Eh, tu déconnes Paccoud,

Ma moman c'est une reine,

Et n'oublies pas surtout,

La goguette c'est la tienne

 

Eh, tu déconnes Paccoud,

Ma moman elle a d'la veine,

Et n'oublies pas surtout,

Ma goguette c'est la tienne

 

Eh, tu déconnes Paccoud,

Ma moman n'a pas la haine,

Et n'oublies pas surtout,

La goguette c'est la tienne


GRAND JACQUES

Texte de Camille

Sur l'air de "Grand Jacques" de Jacques Brel

 

C'est trop facile d'utiliser un vote

D'en renvoyer aux choix des citoyens

Pour s'partager le pouvoir entre potes

Et n'agir que dans l'intérêt des siens

            Tais-toi donc, Grand Jacques

            Que connais-tus des Français ?

            Un rapport, un sondage

            Tu n'en côtoies pas de près

C'est trop facile d'invoquer la fracture

D'aller gueuler qu'il faut changer les choses

Puis au pouvoir se ranger des voitures

En laissant faire tous les marchands d'hypnose

            Tais-toi donc, Grand Jacques

            Que connais-tu d'la misère ?

            Une courbe, une image

            Toi qui ne fus même pas chômeur

C'est trop facile de squatter l'Elysée

De s'ériger en nouvel intouchable

Pour éviter d'aller à la Santé

Pour avoir pris les sous du contribuable

            Tais-toi donc? Grand Jacques

            Que connais-tu de la prison ?

            Un non-lieu, une amnistie

            Toi qui es pourtant grand bandit

C'est trop facile de faire des beaux discours

Dénonçant le racisme avec ardeur

Je me souviens de ce tout autre jour

Où tu glosais sur le bruit et l'odeur

            Tais-toi donc, Grand Jacques

            Que connais-tu de tes voisins ?

            Des patrons et des énarques

            Tu n'en connais pas de bien

C'est trop facile de séduire l'populo

D'serrer les mains et d'embrasser les faibles

Puis de laisser Villepin et Sarko

Les plumer tous, comme des poules

            Tais-toi donc, Grand Jacques

            Que connais-tu de la vie ?

            Des réceptions et des voyages

            En avion mais jamais en métro

 

            ET dis-toi donc, Grand Jacques

            Dis-le toi, bien souvent

            C'est trop facile

            C'est trop facile

            C'est trop facile

            De faire semblant


Carêmes

Texte de Thomas DOBROWOLSKI

 

Sur les flancs affilés des sous cultures acerbes,

J'enfonce le suriné pour que jaillisse la gerbe.

Affûté, affilé, je taille jusqu'à l'abside,

Leurs préjugés étrangleurs ocntre les apatrides.

 

Et tu pourras bien prier pour qu'on te garde la terre,

On amarre tes bateaux sûrement pas la mer.

La vérité féroce se moque bien des entraves,

Que tes craintes maudites catéchiseront en enclaves.

 

Tu caches derrière ton petit écran de lumière,

De si belles frustrations sous ce masque altier.

Que tu oublies parfois que l'homme qui vit là-bas,

Possède aussi le sol que tu foules de tes pas.

 

Alors garde donc pour toi tes maîtres à pensée,

S'ils rendent à la longue si triste ton esprit futé.

Pour moi je garde démocrite, le matérialiste,

Et qu'il m'apporte l'odeur de te sentir casuiste.

 

Libre à toi de laisser tes craintes dicter tes songes

Pour de cilices souffrances au mur de tes mensonges

Mais laisse moi donc un meilleur usage de moi-même

En attendant la mort pour moi point de carême.


L'histoire

Texte de Thomas

 

La nature se cache et elle te rend si craintif,

Quelle est donc cette ombre aux grands ordres des captifs,

Qui fait fuir mes possibles pour de vibrantes vertus ?

Celant de grandes pensées aujourd'hui disparues

 

Ordre nouveau déchirant la transmission

Réécrive l'histoire, victorieux et félons.

Après le pogrom restent les traces pour la fouille,

Et la jarre contient le cachet de gribouille.

 

Combien de murs gravés de bandelettes momies,

En sentence s'affichent et par la chance transmis

Elles témoignent bien d'autre chose que le sexe des anges

Elles sont le fruit de 25 siècles de bonnes vendanges


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