Goguette du 30 janvier 2006


Complainte du travailleur précaire (CPE, CNE…)

Texte de Stan

Sur l’air de « Ne me quitte pas » de Jacques Brel

 

Ne me vire pas

Il faut oublier

Ne pas résilier

D’un coup, mon contrat

Même si c’est très mal

D’être rester hier

Au chevet d’ grand père

En phase terminal

De n’être pas venu

Je r’commenc’rai plus

Je ne s’rais plus absent

J’ s’rais à 100 %

Ne me vire pas

Ne me vire pas

Ne me vire pas

Ne me vire pas

 

Moi, je travaillerai

S’il le faut la nuit

Y compris l’ samedi

Même si tu payes pas

Je suis prêt à faire

Des milliards d’efforts

Pour te couvrir d’or

Toi, ma seule lumière

Je f’rai des autels

Juste pour t’encenser

Je te revers’rai

Tout mon PEL

Ne me vire pas

Ne me vire pas

Ne me vire pas

Ne me vire pas

 

Ne me vire pas

Je renoncerai

Aux congés payés

Et au 13e mois

Je dénoncerai

Les salauds qui osent

Prendre des longues pauses

Au lieu de suer

Je te donnerai

Le nom de ces traîtres

Qui n’ont pour seul maître

Que la CGT

Ne me vire pas

Ne me vire pas

Ne me vire pas

Ne me vire pas

 

Tu pourras souvent

Etre un être odieux

M’humilier devant

Les autres, vieux vicieux !

Je pourrai tranquille

Supporter tes crasses

Sois donc dégueulasse

J’ai l’esprit servile

N’ai donc pas d’égard

Avec la fumée

De ton gros cigare

Que tu m’craches au nez

Ne me vire pas

Ne me vire pas

Ne me vire pas

Ne me vire pas

 

Ne me vire pas

Je n’ vais plus râler

Je vais m’ la fermer

J’irai même chez toi

Etre ta soubrette

Laver ta vaisselle

Ramasser tes miettes

Sortir ta poubelle

Laisse moi devenir

Ton parfait larbin

Et laisse-moi dormir

Dans la niche du chien

Ne me vire pas

Ne me vire pas

Ne me vire pas

Ne me vire pas


LA JAVA DES GRATTEUX

Texte de Alain Terdit

Sur l'air de : "la danse des canards"

 

C'est la valse des parieurs,

Qu se voient déjà vainqueurs,

Quand ils achètent leurs tickets,

Dans les troquets,

Ils font la queue au guichet,

Se bousculent pour valider.

Leurs tickets de Rapido,

Dans les bistrots,

 

Leurs dadas au PMU,

C'est même un sport reconnu,

C'est d'parier sur leurs bourrins

 L'dimanche matin,

Hier soir au deuxième tirage,

Leur manquait qu'un numéro,

Pour décrocher le gros lot,

Ça fout la rage !

 

Ça leur tourne la tête,

Ça leur coûte des sous,

Ils rêvent de pépettes,

à tous les coups,

ça les rend fou !

 

Taco-tac et Millionnaire,

Euromillion et Morpion,

Frénétiquement ils grattent,

Et grattent, grattent…

Sur la route de la fortune,

La richesse fuit le chemin,

Au bout du compte y a pas d'tune...

Mais ça n' fait rien !

 

Bien sûr! la.Française des jeux,

Fait augmenter le jackpot,

Puis 1a remettra en jeu

Cette cagnotte !

Des boeufs encore plus nombreux

Entreront dans cette danse,

Car 100% des gagnants…

Ont tenté leur chance !

 

Dev'nir millionnaire,

En grattant aux jeux,

Qu'importe la manière,

Un doigt ou deux...

y'a qu'à gratter !!

 

 L'utopie dans le pari,

C'est d'se voir déjà ailleurs,

En train d'compter ses millions,

Sous 1es lampions,

On prospecte pour une maison,

Une piscine, une laguna,

Des vacances .à Ibiza…

Et tout l'flonflon !

 

Pour sortir d'leur quotidien,

C'est leur ultime solution,

captés par l'appât du gain,

C'est une obsession !

Mais 1e gros lot empoché,

Sera vite dilapidé,

Et faudra recommencer

à gratouiller !!

 

Jetons aux toilettes,

Tous ces grippe-sous

Qui rêvent de pépettes

Et faisons la fête…

Avec leurs sous !


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