Goguette du 10 avril 2006


Le premier ministre à vendre

Texte de Stan

Sur l’air de « Un général à vendre » de Francis Blanche

 

Depuis 10 jours, à Matignon, je vocifère

Je tourne en rond, je suis aigri, je suis amer

Chirac m’a mis au placard

Sarkho me traite de tricard

Même mon épouse est r’tournée chez sa mère

Faut dire aussi que j’ai perdu tout mon panache

Quand je me pointe à l’UMP, tout l’ monde s’arrache

J’ai vraiment l’air d’un boulet

Et s’en faut d’ peu qu’ mon valet

Ne m’ordonne pas de passer le balai

Moi qui hier les avais tous à ma botte

J’en sifflais un, tous, ils se précipitaient  

Ils m’auraient même suivi aux chiottes

Si j’avais un peu insisté

J’ savais faire preuve d’autorité.

 

Celui qui trinque aujourd’hui, c’est moi, c’est pas eux

Surtout depuis que mon bébé : le CPE

N’est certes pas abrogé

Là, j’aurais démissionné,

N’empêche qu’il a pris un sacré coup d’ vieux

Je n’ai pas su me faire comprendre, je le regrette

Mais j’avais oublié qu’ les français étaient bêtes

Ils savent pas qu’ c’est pour leur bien

Qu’il faut bosser comme des chiens

Ah si seulement ils pensaient comme Robien !

Moi, désormais, je me sens tout ridicule

Je suis grillé pour une place à l’Elysée

J’ai voulu avancer, je r’cule

Au profit de l’autre enfoiré

A qui j’avais piqué l’idée.

 

Les jours prochains, j’ai peur de n’avoir rien à faire

Heureusement que chaque matin j’écris des vers

J’ dois aussi changer les joints pourris de ma salle de bains

Et puis il y a la coupe du monde en juin.

Surtout, l’autre jour, l’autre vendredi

Pour essayer de comprendre la pagaille

J’ai invité chez moi quelques amis

Pour un déjeuner de travail 

 

Je leur ai dit la France va mal

Faites gaffe au verre, c’est du cristal

Tout l’ monde se plaint des politiques

Ce saumon vient d’ la mer Baltique

Paraît qu’on vivrait dans une bulle

Ces langoustines sont ridicules

Qu’on serait dans une tour d’ivoire

J’ vous conseille plutôt le homard

Loin des soucis du populo

Elle est succulente cette noix de veau

Franch’ment, quelle affabulation

Goûtez moi ce Saint-Emillion

Comment les gens peuvent-ils dire ça

J’ai les ortolans qui passent pas

Bref, le repas fut constructif

Malgré des soucis digestifs. 

 

Je ne vais pas rester oisif jusqu’à l’automne

Sans travailler, j’ vais trouver la vie monotone

Et j’ai envie, vaille que vaille

De changer l’ Code du travail

D’y mettre un peu de sauce anglo-saxonne

J’ai dans l’idée, vous allez voir, c’est fantastique

De limiter le texte à cet article unique :

L’employeur a tous les droits

Le salarié n’a pas le choix

Sinon on s’ fra bouffer par les chinois

Et j’vous préviens, il est pas question qu’ j’abdique

Je ferai front au refus des syndicats

Je suis un vrai homme politique

Jamais je n’ baiss’rai les bras

L’honneur c’est une valeur pour moi

 

Oui, je sais bien que je ne suis plus trop crédible

Que, désormais, des quolibets, je suis la cible

Après cette déculottée

Je provoque l’hilarité

A tel point que j’ voudrais être invisible

Comme ça, j’ pourrais me faufiler dans les manifs

Pour dire enfin ce que je pense du p’tit calife

Le sale bourgeois de Neuilly, çui qu’a une gueule de nazi

Oh ne votez jamais pour Sarkozy.


COUCOU LES RIPOUX

Texte d'Alain Terdit

 

Dans la justice française

Si tu n’as pas de sous

Y’ aura comme un malaise

Tu finiras au trou

 

Coucou les ripoux, coucou les ripoux

Coucou ripoux coucou

 

Dans la justice française

On pardonne aux ripoux,

Le juge sur sa chaise

Se place en garde fou

 

Dans la justice française

Les flics à tous les coups

S’en sortiront à l’aise

Gagn’ront à tous les coups

 

Dans la justice française

On gracie les ripoux

Pour qu’la défense s’apaise

L’affaire se dénoue

 

Dans la justice française

On libère les ripoux

Ils pourront à leurs aises

Porter de nouveaux coups

 

Si la justice française

T’inspire du dégoût

Reprend d’la mayonnaise

Ferme ta gueule et c’est tout !


 

L’immigration choisie

Texte de Stan

Sur l’air des  « Joyeux bouchers » de Boris Vian

 

Pour réguler le nombre d’étrangers

Depuis qu’il y a l’immigration choisie

On m’a chargé de surveiller les entrées

Car j’ suis l’ cousin d’ Nicolas Sarkozy

 

J’ sélectionne,

Hé dis donc toi le melon

Qu’est-ce que c’est qu’ ce pantalon

Ici, t’es pas au Gabon

J’ sélectionne,

J’aime pas bien ton teint hâlé

Tes cheveux sont trop bouclés

Et tu causes mal le français

J’sélectionne

Tu m’as tout l’air du glandeur

D’un qui aime les 35 heures

D’un qui veut finir chômeur

J’ sélectionne

Allons, ne fais pas cette mine

Mais retourne à Tataouine

Pour y bouffer tes tajines

J’ sélectionne

Très bien

 

Je ne suis pas toujours désagréable

Quand j’ai affaire à tous ces estrangers

Oui, j’ sais fair’ preuve de sentiments louables

Car j’ai du cœur et pas de préjugés.

 

J’ sélectionne

Approche donc l’américain

Ne reste pas dans ton coin

Tu m’as l’air d’être un gars bien

J’ sélectionne

Oui, j’aime ta peau blanche et pure

La rigueur de ta coiffure

Et ta cravate à rayures

J’ sélectionne

Viens apporter tes lumières

Tes talents de managers

A ces feignants d’ fonctionnaires

J’ sélectionne

Ah bon, tu parles pas français

T’as raison, c’est dépassé

C’est à nous d’ nous adapter

J’ sélectionne

Très bien.


ÊTRE UN INCOMPRIS

Texte de Alain Terdit

 

Depuis deux mois ça déconne

Ça s’excite à l’Elysée

Le roi en perd sa couronne

Il décide de promulguer

Le C P E quelle aubaine

L’premier ministre a raison

Votre bataille sera vaine

C’est une révolution, car

 

Ce matin de Villeppin

L’a joué en douceur

C’était de Villeppin, qui

C’était de Villeppin, qui

Ce matin de Villeppin

L’a joué en douceur

C’était de Villeppin, qui

S’disait incompris

 

Il disait qu’elle injustice

Cette loi était très bien

Pour que l’emploi soit  propice

Faite confiance à de Villeppin

A Sarko à sa flicaille

A la droite à l’U M P

A Chirac cette vrai racaille

Mais la France est soulagée, car

 

Ce matin de Villeppin

L’a joué en douceur

C’était de Villeppin, qui

C’était de Villeppin, qui

Ce matin de Villeppin

L’a joué en douceur

C’était de Villeppin, qui

S’disait incompris

 

Bien sûr ce n’est qu’une victoire

Et maintenons la pression

La cinquième c’est plus la gloire

Changeons de constitution

C’est pas des paroles en l’air

Elle est vieille, elle est finie

Tout ce que nous pouvons faire

C’est de s’en moquer ainsi, car

 

Ce matin de Villeppin

L’a joué en douceur

C’était de Villeppin, qui

C’était de Villeppin, qui

Ce matin de Villeppin

L’a joué en douceur

C’était de Villeppin, qui

S’disait incompris

 

Ce matin de Villeppin

Dit d’un air rageur

Pour l’article huit

C’était mon erreur


Revenir à la page d'accueil de la goguette